rêve de Marigny

Peut-on imaginer Paris sans la place de la Concorde (et lhôtel de la Marine) ? Sans le Panthéon ? La Madeleine ? La grande percée des Champs-Élysées de la Concorde à Neuilly ? Sans le théâtre de l’Odéon ? Tout cela, nous le devons à Marigny. On l’a pourtant oublié, conservant seulement pour une mémoire très vague le carré Marigny, l’avenue Marigny, le théâtre Marigny, l’hôtel Marigny.

Alors qui était Marigny ? Lorsquil découvre la cour, cest un jeune provincial, sans titre, sans terre et sans soutien, si ce nest lamour inconditionnel de sa sœur, la favorite du roi, la marquise de Pompadour. Elle a de grands projets pour lui. Grace à elle, il sinstruit, voyage en Italie, s’entoure des esprits les plus brillants qui deviendront ses plus fidèles amis : le graveur Charles Nicolas Cochin et larchitecte Jacques Germain Soufflot. À 23 ans, il est promu directeur des bâtiments du roi, charge écrasante. Vingt-deux ans plus tard, lorsqu’il quitte son ministère, Paris est transformé. Il a aimé, soutenu et protégé les arts et les artistes, apporté un goût nouveau, malgré les jalousies et ses nombreux ennemis.

Dans ce roman passionnant, Monique Demagny raconte lhomme, le visionnaire sensible, l’amoureux de lItalie, des actrices, le « petit frère » de la marquise de Pompadour à qui il devait tant.

Avant dernier roman en compétition pour le Prix Océanes, j’ai découvert un personnage de l’Histoire de France : le marquis de Marigny. Bon ok, là comme ça, même si le nom est familier, on ne voit pas trop de qui il s’agit. En fait, ce monsieur n’est autre que le frère de La Pompadour, favorite du roi Louis XV.

Abel François Poisson, de son vrai nom, va bénéficier de l’aura d’influence de sa sœur et se voit ainsi confier la charge de Directeur des Bâtiments du Roi.

Cette nomination n’est pas sans faire grincer des dents à la Cour mais Abel n’en a cure. Il est jeune et trouve qu’il a bien le temps de s’attarder sur ces médisances.

Pour former son esprit, il va partir en Italie, berceau de l’art européen, en prendre plein les yeux mais aussi et surtout se forger des amitiés durables avec ses compagnons de voyage parmi lesquels Cochin et Soufflot.

Ce n’est qu’à son retour qu’il entreprend de gros chantiers qui feront sa renommée.

Même si le style est très fluide et le récit se déroule assez bien, je suis un peu déçue. Je l’ai trouvé très plaisant mais il me manque la petite étincelle qui m’aurait embarquée vers un monde fastueux.

Durant les ¾ du roman, l’auteur s’attache à nous narrer les relations entre le frère et la sœur, laquelle avait énormément d’ascendant sur lui.

Ce n’est qu’à la fin que l’auteur recentre son récit sur le marquis de Marigny. J’ai trouvé que c’était dommage.

En revanche, ce qui m’a plu, c’est de découvrir toutes les beautés que Marigny avait accompli dans Paris. On parle beaucoup de ce qu’a fait le Baron Haussmann mais Marigny n’a pas à rougir de ce qu’il a accompli non plus.

En conclusion, un roman sympathique mais sans aller jusqu’au coup de cœur.