A la suite d'un terrible drame familial, et afin de surmonter son chagrin, le docteur Kurt Krausmann accepte d'accompagner un ami aux Comores.
Leur voilier est attaqué par des pirates au large des côtes somaliennes, et le voyage "thérapeutique" du médecin se transforme en cauchemar. Pris en otage, battu, humilié, Kurt va découvrir une Afrique de violence et de misère insoutenables où "les dieux n'ont plus de peau aux doigts à force de s'en laver les mains". Avec son ami Flans et un compagnon d'infortune français, Kurt trouvera-t-il la force de surmonter cette épreuve ? En nous offrant ce voyage saisissant de réalisme qui nous transporte, de la Somalie au Soudan, dans une Afrique orientale tour à tour sauvage, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse, Yasmina Khadra confirme une fois encore son immense talent de narrateur.
Construit et mené de main de maître, ce roman décrit la lente et irréversible transformation d'un Européen, dont les yeux vont, peu à peu, s'ouvrir à la réalité d'un monde jusqu'alors inconnu de lui. Un hymne à la grandeur d'un continent livré aux prédateurs et aux tyrans génocidaires.
C'est le livre des chocs. Kurt Krausmann subit un premier choc avec la mort brutale de son épouse. Son meilleur ami lui propose de faire une escapade en voilier au large de l'Afrique. Durant la traversée, ils sont attaqués par de spirates et sont pris en otage.
S'ensuit un calvaire sans nom : retenus prisonniers on ne sait où, craignant pour leur vie minute après minute, ils vont découvrir la "vie" des Africains.
Ce livre nous montre que l'Afrique est une grande histoire d'amour, une passion, une drogue. L'Afrique s'imprègne au plus profond de votre être jusqu'à ne faire qu'un. Si vous y allez une fois, il faudra y retourner, son appel sera plus fort.
Cette expérience permettra à Kurt de faire son deuil, de prendre un nouveau départ et de comprendre où se trouve sa place. Les gens qu'il y a cotoyé n'ont rien, vivent dans le dénuement le plus total mais vivent d'espoir et de jours meilleurs.
Je citerais un passage que je trouve très juste :
"Vis chaque matin comme s'il était le premier
et laisse au passé ses remords et et méfaits
vis chaque soir comme s'il était le dernier
Car nul ne sait de quoi demain sera fait"
Yasmina Khadra signe un roman juste et fort et nous fait apprécier ou réapprécier les choses simples.