les âges sombres

1321. Les habitants d’Ulewic, une petite cité isolée de l’est de l’Angleterre, sont sous le joug de leur seigneur et de l’Église, celle-ci ayant supplanté, depuis quelques années, le paganisme qui régnait dans la région. Non loin du village s’est installée une petite communauté chrétienne de femmes, des béguines originaires de Belgique. Sous l’autorité de sœur Martha, elles ont jusqu’alors été assez bien tolérées. Mais les choses commencent à changer. Le pays connaît en effet des saisons de plus en plus rigoureuses, les récoltes sont gâchées, les troupeaux dévastés et le besoin d’un bouc émissaire se fait sentir. Neuf hommes du village, dont on ignore l’identité, vont profiter de la tension qui commence à monter pour restaurer un ordre ancien et obscur. Renouant avec de terribles rites païens, usant de la terreur, du meurtre et de la superstition, ils vont s’en prendre aux béguines, qui devront les démasquer et élucider les secrets du village avant que la région ne soit mise à feu et à sang.

Ce roman fait partie de la sélection pour le prix des Ancres Noires 2013 dont je vous ai déjà parlé ici.

Nous sommes transportés en 1321 en plein Moyen Age en Angleterre. La petite ville d’Ulewic est dominée par son seigneur  qui tient avec une poigne de fer ses terres.

Ce pouvoir est assorti d’une mainmise de l’Eglise assez prononcée.

Depuis quelques temps s’est installée une communauté de femmes que chacun voit d’un mauvais œil mais la cohabitation s’installe malgré tout.

Les temps sont difficiles, les récoltes maigres, les paysans ont bien du mal à s’acquitter des différentes taxes et comme un malheur ne suffit pas, une sorte de secte fait son apparition, les Maitres Huants, s’adonnant à des pratiques peu orthodoxes.

Pendant toute ma lecture, je me suis demandée pourquoi il avait été sélectionné. Ce n’est qu’en refermant le livre que l’évidence s’est imposée à moi.

C’est noir, très très noir, c’est oppressant. Pourquoi ? Parce que le climat de peur instauré par les Maitres Huants et largement véhiculé par le seigneur du lieu et le prêtre font que la vie est tout bonnement impossible. Les gens se regardent en chien de faïence alors que la veille ils se retrouvaient pour discuter le bout de gras.

Et puis les Béguines font l’objet d’une méfiance grandissante de la population même si celles-ci ne rechignent pas à leur donner la nourriture et les soins dont ils ont besoin.

Dans ce livre j’ai appris ce qu’était le béguinage. Le terme de béguinage peut désigner soit une communauté autonome de religieuses (les béguines), en particulier en Europe du nord, soit un ensemble de bâtiments intégrés, généralement construits autour d'une cour arborée, hébergeant une telle communauté, et comprenant non seulement les installations domestiques et monastiques, mais aussi des ateliers utilisés par la communauté, et une infirmerie. J’avoue que j’ignorais totalement ce que c’était et en quoi cela consistait.

J’ai lu ce livre avec beaucoup d’intérêt d’une part car chaque chapitre raconte l’histoire selon son point de vue mais aussi et surtout car j’ai vraiment eu l’impression d’être au Moyen Age, avec les lieux, les odeurs (les buchers étaient très à la mode à l’époque...), les anecdotes de l’époque. C’est un livre très riche tant du point de vue historique que du point de vue de l’intrigue et des personnages.

C’est une très bonne découverte pour moi et c’est tant mieux car j’ai encore le premier roman de l’auteur, La compagnie des menteurs, à découvrir.