juste une ombre

Tu te croyais forte. Invincible. Installée sur ton piédestal, tu imaginais pouvoir régenter le monde.
Tu manipules ? Tu deviendras une proie.
Tu domines ? Tu deviendras une esclave.

Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable. Tu as su t'imposer dans ce monde, y trouver ta place.
Et puis un jour...
Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi.
A parti de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche.
Juste une ombre.
Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré.
On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres.
On t'observe jusque dans les moments les plus intimes.
Les flics te conseillent d'aller consulter un psychiatre. Tes amis s'écartent de toi.
Personne ne te comprend, personne ne peut t'aider. Tu es seule.
Et l'ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos.
Ou seulement dans ta tête ?
Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard...

Tu commandes ? Apprends l'obéissance.
Tu méprises ? Apprends le respect.
Tu veux vivre ? Meurs en silence...

Cloé a tout pour être heureuse : un super job, un petit ami beau come un Dieu bref une vie de rêve. Jusqu'au soir où un homme la suit dans la rue jusqu'à sa voiture. Ce sera le dernier jour de tranquilité de la vie de Cloé. Elle va voir cette ombre partout, au bureau, au resto, chez elle.

Petit à petit, ses proches vont s'éloigner, la prendre pour une folle. L'est-elle ? Elle se pose la question. Cet homme existe-t-il ou bien est-ce juste une ombre ?

Si vous avez des tendances paranoïaques, ce livre aggravera votre état. Une chose est sure, je ne voudrais pas être à la place de Cloé. Comme elle, j'ai douté tout au long du roman, échafaudé de nombreuses théories, je me suis fait des noeuds au cerveau (oui je sais j'ai l'habitude) bref, il a fallu démêler le vrai du faux. Mon coeur a résonné très fort dans mes oreilles quand j'ai suivi le calvaire de Cloé.

Karine Giebel ne ménage ni ses personnages ni ses lecteurs. Le personnage de Cloé est très ambivalant : on pourrait s'apitoyer sur elle, sur son statut de victime et pourtant elle n'est pas totalement innocente, oh non elle cache son vrai visage derrière un masque.

Et les masques vont tomber lourdement.

Le personnage qui m'a le plus ému c'est Alexandre. Je ne dirais pas pourquoi. Je vous laisse le soin de le découvrir en lisant ce roman.

Karine Giebel est un grand auteur de romans noirs à suspense, personne n'en ressort indemne mais quel plaisir pour le lecteur de se faire bousculer ainsi.

D'ailleurs ce roman a été récompensé au festival de Cognac avec le prix du polar francophone en 2012.

N'oubliez de jeter un oeil par dessus votre épaule à l'avenir...

Un autre avis chez ma copine préférée.