dawa

« Ou avez-vous l'intention de faire sauter vos bombes ?
- Je vous demande pardon ?
- Les cinq bombes. Paris piégé. Dawa al-Islamiya, ajoute l'homme en arabe, avec un parfait accent constantinois qui lui glace le sang.
- Qui êtes-vous ?
- Quelqu'un qui a vécu en Algérie, il y a très longtemps, à l'époque ou ton père sévissait dans les Aurès. Quelqu'un qui te protège depuis une semaine, et qui va vous tuer, toi et lui, comme j'ai tué ton chien de frère il y a dix-sept ans. »

Julien Suaudeau signe un premier roman particulièrement dense et bien ficelé. Ne vous laissez pas rebuter par l'épaisseur de l'objet.

Le lecteur est plongé au coeur d'une cellule "terroriste" qui projette de faire sauter une bombe dans chaque gare de Paris au nom de l'Islam. De la logistique en passant par les racines de leur combat, la vengeance peut être un fléau aussi dur à combattre que l'idéologie fanatique.

Parallèlement, l'auteur nous entraine dans les arcanes politiques et policières au sein desquelles chacun essaie de tirer la couverture à soi. Les faits relatés dans ce roman ont un retentissement saisissant car l'actualité de ces derniers jours semblaient lui faire écho.

Il semble facile pour les jeunes de cités de tomber dans le fanatisme religieux quand ils sont perdus et que leur pays semble leur tourner le dos. Certains d'entre eux se réclament du pays de leurs ancêtres alors qu'ils n'y ont jamais mis les pieds.

Les politiciens n'ont pas vraiment le beau rôle dans cette histoire, peut être parce qu'ils ont une part de responsabilité dans tout ce gachis.

L'auteur sait garder le lecteur en haleine jusqu'aux dernières lignes et on peut dire qu'il maitrise parfaitement son sujet. Même s'il y a certaines longueurs, ce roman est très riche en moments haletants.

Il est sur que Dawa est le premier d'une longue carrière.