La faux soyeuse

Je suis couvert de sang mais je suis bien. Rien à foutre. Dans l’univers cotonneux et chaud de la défonce opiacée, le sang n’est rien. La mort n’est rien. Et moi-même je ne suis rien. Joies et chagrins se succèdent dans une espèce de brouillard confus, un ballet macabre, et rien ne subsiste de tout cela, sinon parfois, au détour du chemin, un sentiment de gâchis irréversible qui me prend à la gorge. Nos vies de parias sont comme de frêles esquifs privés de gouvernail. Sans plus personne à bord. Elles sont ballottées au creux de flots tourmentés, secouées par des vents inconnus et changeants qui les mènent à leur gré vers des côtes plus ou moins hospitalières, incapables que nous sommes de changer ne serait-ce que la moindre virgule au récit chaotique de nos existences.

Eric Maravélias signe un premier roman dur et douloureux. C’est la descente aux enfers d’un homme. Il nous raconte ce qu’est devenue sa vie depuis ces dernières années et comment il en est arrivé là.


Il vivotait de menus larçins jusqu’au jour où il est tombé sur du plus lourd. De fil en aiguille, il tombe peu à peu dans la drogue. Une fois de temps en temps et puis de plus en plus. Il lui en faut toujours plus. Mais il veut préserver sa petite amie.
Malheureusement son réveil va être douloureux : tous ceux qu’il voulait protéger lui ont tourné le dos.


Il se retrouve seul à attendre la mort, cette faux soyeuse. Il sent jour après jour sa lame passer de plus en plus près de sa peau.
C’est un roman très noir qui met en lumière le côté le plus sombre des junkies et de leurs combines pour survivre.
Le sujet ne m’a pas spécialement emballée mais le style est très bon.

C’est une plume incisive et brutale qui marque les esprits.