W3 le mal par le mal

Sous le choc de la découverte du responsable de sa séquestration, la journaliste Lara Mendès décide de se reconstruire loin du site d'info W3 fondé avec ses proches pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice.
Pendant que Léon Castel, l'activiste ingérable et porte-parole du site, poursuit ses actions coups de poings, une vague de meurtres violents cible des officiers de police partout en France.
Alors que tout semble mis en œuvre pour étouffer l'affaire, la Web TV est convaincue de tenir sa nouvelle bombe médiatique.
Fragilisée par des tensions internes et de violentes pressions extérieures, l'équipe de W3 se retrouve bientôt plongée en plein chaos.

Pour ce deuxième volet de leur série W3, on se demandait bien comment Jérome Camut et Nathalie Hug allait faire pour continuer sur la lignée du Sourire des Pendus.

L'équipe de W3 se remet à peine de ce qui s'est passé qu'il faut continuer à alimenter le site. Lara peine à reprendre le dessus, il est difficile de lui jeter la pierre, vu l'enfer qu'elle a traversé. Elle décide de prendre du recul mais les ennuis vont finir par la rattraper.

Quant à Léon, l'injustice le fait toujours sortir de ses gonds ; seulement il se pourrait qu'il ait titillé les mauvaises personnes à force d'ouvrir grand son four.

Pendant ce temps, W3 ne chome pas. Bientot, une nouvelle affaire leur tombe dessus : des policiers meurent dans l'indifférence générale. Générale, peut être pas tant que ça....

Les deux auteurs nous montrent ce qu'il y a de plus moche dans l'humanité : l'argent, le sexe, le pouvoir, toutes ces choses peuvent transformer les hommes en monstre ou les faire basculer de l'autre côté à leurs dépens. Peut être y'a-t-il une certaine justice à soigner le mal par le mal ?

On retrouve tous les personnages du premier tome et on continue à faire un bout de chemin avec eux avec leur fêlures, encore plus présentes, encore plus visibles. On ne peut que les aimer plus. L'empathie ressentie dans le Sourire des pendus perdure et s'intensifie.

On vibre avec eux, on a envie de tous les serrer dans nos bras à un moment ou un autre du roman pour leur redonner du coeur à l'ouvrage.

A chaque page tournée, on se demande jusqu'où l'homme va tomber. La vérité triomphera-t-elle ? Et si oui, à quel prix ?

Une fois le roman terminé, le lecteur est assomé, groggy et orphelin car il faudra attendre longtemps avant de tous les retrouver.

Le roman est très dense (800 pages) mais peu importe on aurait voulu qu'il y en ait encore plus tant on ne veut pas lacher cette bande de bras cassés qui forment plus qu'une famille.

Oui, assurément W3 a de l'avenir.