Désorientale

Si nous étions en Iran, cette salle d’attente d’hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s’enchaîneraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade. Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture, sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l’étourdissant diaporama de l’histoire des Sadr sur trois générations: les tribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l’adolescence, l’ivresse du rock, le sourire voyou d’une bassiste blonde…
Une fresque flamboyante sur la mémoire et l’identité; un grand roman sur l’Iran d’hier et la France d’aujourd’hui.

C'est l'histoire d'une jeune femme qui patiente en vue d'une procréation médicalement assistée. Son esprit divague vers son histoire familiale et autant dire qu'il y a de quoi patienter.

Kimia est iranienne, elle a du fuir son pays avec sa famille. Son père s'est opposé au Shah (première erreur) et à Khomeiny (deuxième erreur). La perte de repère, le changement de culture les a tous affectés.

La narratrice nous raconte alors son pays qui est si méconnu en France et en Occident de manière générale. A travers sa famille, elle nous raconte les us et coutumes de ce pays autrefois appelée la Perse.

Le lecteur est embarqué dans un voyage dans le temps avec trois générations de la famille Sadr avec des moments droles mais aussi très émouvants. La narratrice nous démontre que pour pouvoir se construire il faut savoir déconstruire sans pour autant attaquer les fondations. On ne peut pas remettre en cause sa nature profonde et ce quel que soit le pays où on se trouve.

L'auteur signe un très beau premier roman teinté d'autobiographie servie par une plume franche et directe.