il ne nous reste que la violence

La violence est en nous.
On la subit ou on l'ignore.
Mais on peut aussi danser avec elle.
Alors on reste debout.
Après mon premier crime, j'avais commencé à voir notre société différemment. Où  que je regarde, le miroir se déformait. Des esclaves fabriquaient nos ordinateurs, des enfants cousaient nos vêtements, les profits des guerres assuraient la rentabilité de notre livret A. Nos bagues de fiançailles brillaient de diamants sanglants, mon voisin perdait son travail, sa vie, pour un actionnaire anonyme. Un vieillard était mort, seul dans une chambre, juste au-dessus de chez moi...
 On s'offusquait un peu, mais pas tant que ça, parfois pas du tout. On vaquait à nos petites affaires, nos vies allant tranquillement sur ces champs de cadavres.
Et on ne la cachait pas, cette violence. Elle était notre environnement naturel. On l'enseignait à nos enfants.
Dont acte.
Je pouvais tuer une deuxième fois.

Après le Sauveteur de touristes, Eric Lange revient avec un roman très noir. La violence est partout, tout le temps. Elle fait partie de notre quotidien si bien que l'on s'en accomode. Le narrateur est animateur radio et son émission tarde à décoller. Ses patrons lui annoncent le couperet risque de tomber. Il décide de basculer de l'autre côté.

Si l'on veut survivre dans ce monde où l'argent a tous les droits, que nous reste-t-il si ce n'est la violence ?

L'auteur dresse un tableau très noir d'une société où le profit est roi et où les dirigeants ne sont pas ceux que l'on croit. J'espère que chacun d'entre nous ne tombera pas dans le piège de la violence comme le narrateur sinon l'avenir est loin d'être radieux.

La plume de l'auteur est cynique et acerbe mais elle appuie là où ça fait mal et cela peut peut être nous faire réfléchir.