Que-dieu-me-pardonne

Ici, une banlieue tranquille, un quartier résidentiel et ses somptueuses maisons dans lesquelles le gratin de la ville coule des jours paisibles...
A quelques encablures, une petite cité, grise et crasseuse. Avec sa cohorte de jeunes désoeuvrés qui végètent du matin au soir.
Deux univers qui se frôlent sans jamais se toucher.
D'un côté, il y a Kader, le roi de la glande et des petits trafics, Mélissa, la belle plante qui rêve d'une vie meilleure... De l'autre, Rayan, le bourgeois fortuné mais un peu détraqué... Et au milieu, Mattis, le flic ténébreux, toujours en quête de rédemption.
Une cohorte d'âmes perdues qui n'auraient jamais dû se croiser... Des destins qui s'emmêlent, des illusions perdues, des espoirs envolés...
Et puis, cette petite mécanique qui se met en place comme une marche funèbre... implacable !

Franck Mattis est un inspecteur en banlieue : petits trafics et vols sont son lot quotidien. Mais, contrairement à son équipier, il pense que ces gosses des cités, même s'ils prennent un mauvais chemin, ils peuvent encore être guider pour aller vers une vie normale.

C'est pouquoi il décide de prendre le jeune Kader sous son aile. Il lui présente Rayan Martel, un bourgeois qui cherche de temps à autre à s'encanailler, surement pour pimenter son quotidien. Peut être qu'ensemble ils pourront trouver un sens à leur vie.

Mais ce que Franck Mattis ne savait pas c'est que le loup dans la bergerie n'était pas celui qu'il croyait.

Il n'est pas toujours facile de sortir du carcan de la cité et ce même si on présente bien et que l'on a été à l'école. C'est le cas de Mélissa qui a toutes les peines du monde à trouver un emploi fixe malgré des études et une bonne éducation. Alors pourquoi ne pas faire comme Kader et prendre ce qu'il ne pourra sans doute jamais s'offrir ?

L'écriture de Philippe Hauret est directe et sans fioritures, montrant le mal être des habitants des cités souffrant des préjugés mais aussi que tout espoir n'est pas perdu si on veut vraiment faire prendre un sens nouveau à sa vie.

Je lirais volontiers "Je vis je meurs", autre roman où apparait le personnage de Franck Mattis qui semble être un personnage à la psyché complexe avec un passé lourd.

Que Dieu me pardonne est une découverte livresque comme je les aime.