poison

Elle a incliné le cou, le visage déformé par les flocons épais qui se déposaient déjà sur le carreau. Elle a cherché son regard à travers le verre qui s’opacifiait de seconde en seconde, mais les lunettes noires l’ont empêchée de le trouver. Alors, elle s’est détournée vers le pont et elle a commencé à marcher en direction de la gare, son manteau ouvert claquant sur ses jambes face au vent glacial. Dans la voiture, le son des feux de détresse rythmait sa progression comme le tic-tac d’une minuterie. Une femme qui arrivait en sens inverse s’est retournée sur elle. Elle a eu un temps d’arrêt, comme si elle doutait de ce qu’elle venait d’apercevoir. Il a vu un panache de vapeur sortir de la bouche de l’inconnue. Elle s’est figée d’horreur au moment où Myriam a laissé tomber son manteau dans la neige et a enjambé le parapet. Elle s’est précipitée vers elle en hurlant, mais il était trop tard. Après un dernier regard en direction de la voiture immobile, Myriam, entièrement nue, avait déjà sauté dans le fleuve.

A chaque roman Jacques Saussey nous entraine dans les abysses de la noirceur humaine. Du poison dans la tête ne déroge pas à la règle. il s'attaque ici à la violence psychologique faite aux femmes. Tout aussi dévastatrice voire plus que la violence physique, elle laisse les victimes vides, seules et desespérées. Le décès de la jeune Myriam va propulser l'quipe du commandant Magne sur les traces d'un prédateur redoutable.

Quand au commandant, une affaire remontant de son passé va gangréner son présent. Le couple Daniel Magne / Lisa Heslin va une fois de plus passer une nouvelle étape mais ce ne sera peut être pas celle à laquelle ils avaient pensé.

Le roman est mené sans temps mort. L'histoire s'insinue dans le lecteur comme le poison dans la tête de la victime  disséminé par le prédateur. Ces hommes sont abjects et exercent leur pouvoir surs de leur suprématie et leur ascendant en pompant jusqu'à la moelle leur victime. Une fois qu'ils ont fini de jouer, elle n'a plus rien à quoi se raccrocher car il a fait le vide autour d'elle et bien souvent elle est poussée à commettre l'irréparable;

Le roman est bourré de clins d'oeil à ses précédents romans mais également à ses camarades auteurs. Je me suis plongée à coeur perdu dans ce roman qui m'a laissé écoeurée par cette catégorie de personnes.

Un grand merci à Fredo et David de la chaine C'est culturellement dingue et aux éditions French Pulp qui m'ont permis de remporter ce roman.