préférer l'hiver

À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au cœur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte.

Dans un rythme tendu et une langue concise et précise qui rend grâce à la Nature jusqu’à son extrémité la plus sauvage, Aurélie Jeannin, dont c’est le premier roman, signe un texte comme une mélancolie blanche, aussi puissant qu’envoûtant.

Une mère et sa fille vivent dans une cabane au milieu de la foret, loin de la ville. Elles ont toutes les deux vécues un deuil ; se comprenant ainsi dans cette épreuve, elles se soutiennent. Bien qu'elles aient vécu leurs deuils différemment, elles goutent maintenant une vie simple loin de tout, loin de la souffrance et du regard des autres. Le roman est écrit du point de vue de la fille, elle y décrit sa souffrance immense et comment elle a réussi à remonter la pente.

Elle raconte aussi leur quotidien dans cette foret où l'hiver cristallise tout : la faune, la flore et leur vie.

La plume d'Aurélie Jeannin est précise et concise, elle ne tombe pas deans le pathos et décrit les accidents de la vie de ces deux femmes avec beaucoup de pudeur.

C'est un premier roman d'ambiance très réussi.