freeman

Patterson, en Louisiane.

Deux millions de dollars disparaissent. Pendant un ouragan d’une rare violence. Dans la maison du boss de la mafia locale.

La traque commence. Elle va faire se croiser et s’affronter un « parrain » amateur de cocktails, un fabuleux tandem de flics que tout oppose mais dont chacun poursuit une quête personnelle, une serveuse qui aime trop l’un des deux flics, le FBI, Freeman et sa fille Louise (celle-là même qui avait été retenue prisonnière quatorze ans dans un trou perdu des Appalaches dans Hunter), un collecteur de dettes arménien, et tout ce que La Nouvelle-Orléans compte de faune interlope, d’indics et de petites frappes...

Cela pourrait être le début de beaucoup de polars. Sauf que c’est au coeur du bayou, et que c’est Roy Braverman qui est aux manettes. Et que la traque va être bercée par le rythme envoûtant de la zydeco, imprégnée des senteurs de la cuisine cajun, caressée par les parfums sensuels de la flore de Louisiane, et rendue plus haletante encore par la menace des crocs acérés des alligators...

Ce que j'aime dans les romans de Roy Braverman c'est que les lieux sont des personnages à part entière (un peu comme les romans de Ian Manook tiens !). Dès les premières pages, le lecteur est immergé dans un ouragan d'une violence inouïe : rien ne lui résiste et pourtant un homme défie les éléments déchaines afin de cambrioler la maison du "parrain" local en plein bayou. De l'autre coté de la rive se trouve Freeman, l'ancien agent du FBI qui n'a jamais renoncé à retrouver sa fille disparue et que l'on a rencontré dans Hunter

On y rencontre également deux policiers de la Nouvelle Orléans, Zach Beauregard et Doug Howard, une drole de paire qui malgré leurs différends, arrivent à faire du bon boulot. Ils se voient confier une sale affaire où un enfant est la victime. Tout cela remue profondément Howard dont le petit frère a disparu sans laisser de trace.

J'ai aimé retrouver Freeman et Louise, ces deux là en ont vu des vertes et des pas mures mais ils  ne sont pas encore au bout de leur surprise, ils pensaient pouvoir panser leurs plaies dans un trou perdu mais le microcosme que consitue la Nouvelle Orléans ne va pas les laisser en paix.

Howard se sent coupable de n'avoir pas été assez présent pour son petit frère et n'a de cesse de comprendre ce qui s'est passé ce jour là.

Beauregard veille sur Molly sa femme mourante, quitte à mettre ses prérogatives de flic de côté. J'ai beaucoup de tendresse pour le collecteur de dettes arménien qui a joué un sacré rôle dans ce bourbier, là où vraiment personne ne l'attendait.

Et puis la Lousiane, colorée et belle de toutes ces coutumes, beaucoup de musique et de notes épicées de sa cuisine conviviale.

J'espère qu'on retrouvera les personnages ailleurs dans une autre vie ou un autre roman parce qu'on n'a vraiment pas envie de les quitter.