chair de sa chair

Moira O'Donnell c'est, derrière le feu des boucles rousses et l'énergie inépuisable, une femme qui lutte pour garder la tête hors de l'eau. C'est une vie d'adulte démarrée trop tôt. Ce sont trois gamins livrés à eux-mêmes et autant de boulots cumulés pour les nourrir. Ce sont des pères absents : le premier, incarcéré le plus longtemps possible, croit-elle, et le second, suicidé. C'est une culpabilité sans fin. Moira O'Donnell, c'est la solitude d'une mère de famille dure au mal qui se bat, tombe et renaît. Pour ses enfants. Et avec eux. À la vie, à la mort. Chaque semaine, elle achète un ticket de loterie en rêvant à une vie meilleure. Mais les services sociaux ont d'autres projets pour elle... Et un problème n'arrivant jamais seul, l'équilibre précaire qu'elle pensait avoir créé vire bientôt à la tragédie.

Moira vit seule avec ses trois enfants : son premier mari était un dealer de drogues qui la battait, elle ne doit son salut qu'à son fils Peter qui a dénoncé son père et envoyé en prison et le second s'est suicidé. Elle cumule les boulots pour subvenir aux besoins de ses enfants, les laissant souvent seuls. Elle croule sous les dettes et les services sociaux finissent par s'intéresser à elle. Elle craint de perdre ses enfants pour de bon, mais un évènement va tout changer, est-ce une bonne chose, rien n'est moins sur.....

J'ai eu beaucoup de peine pour Moira, c'est une jeune femme qui n'a pas toujours pris les bonnes décisions pour conduire sa vie, mais s'il y a une chose à laquelle elle s'est toujours astreinte, c'est le bien être de ses enfants. Elle est prete à tous les sacrifices, à prendre plusieurs boulots, à s'épuiser à la tache pour qu'ils puissent rester tous ensemble.

Claire Favan revient avec un thème qui lui est cher : la manipulation psychologique. Même si j'avais identifié le personnage responsable, je dois dire que Claire Favan a fait fort dans le machiavélisme. J'ai beaucoup aimé également le personnage de Bruce qui s'est battu pour son patient quitte à aller à l'encontre de sa déontologie.

Je me suis surprise à plusieurs reprises à tiquer à certaines passages du roman persuadée que je les avais déjà lus dans d'autres romans de l'autrice. Est-ce un effet de mon imagination ou est-ce que Claire Favan utilise plus ou moins les mêmes ficelles dans ses romans ? Mais ça ne m'a pas rebuté de ma lecture, j'ai lu ce roman avec beaucoup de plaisir car je sais que la plume de Claire Favan m'embarque toujours.

Je trouve que ce dernier roman est meilleur que le précédent car on y retrouve des personnages à la psychologie torturée et pour certains tordue qui n'est pas sans rappeler ses tout premiers romans.

Si vous voulez un bon thriller à la plume addictive foncez.