mère noire

Pouy a imaginé l'histoire d'un père qui élève seul sa fille de 12 ans, petite soeur de la Zazie de Queneau. La mère "elle s 'est barrée pour voir le monde avant de devenir une vieille chaussette". C'est en tout cas ce que raconte Papinou à sa petite Clotilde, qui le raconte à ses copines de classe. Pendant leurs vacances en Bretagne, Cloclo et son père se trouvent embarqués dans une manifestation qui dégénère.  Villard quant à lui, s'est attelé à l'histoire de la mère, Véro. Les raisons de son départ, sa vie loin de sa famille mais aussi loin des rives du Gange ou des plages du Golfe d'Arabie où sa fille la croit... Dans un style plus rigoureux et précis que celui de son comparse, qui s'amuse du flot incessant de pensées et de paroles de l'adolescente ou des questionnements sans réponse du père, Villard explore la psychologie d'une femme qui a tout quitté pour se trouver, pour ne pas se laisser dévorer par sa vie. Ensemble, ils racontent une histoire faites de mensonges.

Dans la première partie, on fait la connaissance de Jean-Pierre et Cloclo sa fille, qui vivent tous les deux depuis que Véro la maman est partie 6 ans plus tot. Ils partent en vacances en Bretagne dans une gare désaffectée où Clotilde retrouve ses poules et son coq prénommé Balladur.

Ils vont se retrouver embarqués dans une manif qui tourne mal, Clotilde est blessée. Un jour en rentrant de l'école, elle découvre que sa mère est revenue. Elle n'est jamais partie en Inde mais a passé quelques années en maison de repos. Clotilde a du mal avec cette nouvelle réalité.

Dans la deuxième partie, Marc Villard s'attache au personnage de Véro, les raisons de son départ et ce qui l'a amené à rester en maison de repos.

J'ai beaucoup aimé le personnage de Clotilde qui du haut de ses 11 ans est très mature et essaie de faire sortir son père de son traintrain quotidien. Elle aime lire et on la découvre avec le roman Zazie dans le métro, et c'est exactement à Zazie que j'ai pensé en voyant Clotilde.

Les deux auteurs nous livre une histoire sociétale dénonçant la loi du fric, la pauvreté, comment des gens normaux plaquent tout pour se trouver.

Le seul reproche que je peux faire est que le roman est un peu court, j'aurais bien voulu passer plus de temps avec Cloclo.