Cher Gilles Legardinier, merci d’avoir accepté cette interview.

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Tout d’abord, pour les rares personnes qui ne vous connaissent pas encore (si si elles existent), pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Cette question est toujours compliquée ! Ce que je suis n’a finalement que peu d’importance. C’est ce que je peux apporter aux gens qui compte. La meilleure définition d’une personne s’écrit souvent dans ce qu’elle fait. J’espère pouvoir proposer des histoires qui font vibrer la meilleure part de chacun.

Votre premier métier était en relation avec l’image puisque vous avez produit et réalisé des films publicitaires et des documentaires. Comment passe-t-on de l’image à l’écrit ? Comment vous est venue l’envie d’écrire ?

Mon premier métier est toujours le cinéma, mais produire et réaliser était loin d’être ma première fonction. J’ai d’abord été technicien d’effets spéciaux, en pyrotechnie.  Il s’agissait déjà de créer des émotions qui se partagent, de travailler en équipe, en faisant des trucs assez inhabituels ! Maintenant, je m’occupe de communication et j’aide les autres à valoriser leur travail. Pour moi, il n’y a pas de passage de l’écrit à l’image, je suis toujours dans la fabrication d’émotions, seul le média change. Il y a une proximité entre un auteur et un lecteur qui me correspond mieux. Le lien est plus proche, j’attends sur la table du salon, sur la table de nuit, dans le sac à main, et les gens viennent me voir quand ils en ont envie.

J’ai toujours écrit mais je me disais que pour faire des livres, il fallait avoir fait des études, faire partie d’un certain milieu. Et puis à force de voir beaucoup tenter leur chance avec des histoires qui ne valaient pas grand-chose, je me suis dit que je pouvais peut-être tenter la mienne…

D’ailleurs, dans quelles conditions travaillez-vous ? Pouvez-vous écrire n’importe où ou bien avez-vous besoin d’un environnement particulier ?

Je travaille le matin, très tôt, entre 3 h 30 et l’heure du petit-déjeuner. Ensuite, ayant fait ce qui compte le plus pour moi, je suis disponible pour le monde et mes métiers dans le cinéma. Ce n’est pas un effort pour moi de me lever tôt pour faire ce que j’aime !

Avec votre trois derniers romans, Demain j’arrête !, Complètement cramé ! et puis Et soudain tout change, vous abordez des morceaux de vie. Comment naît une histoire pour vous ?

Mes personnages et mes histoires naissent toujours d’une émotion, d’une situation. Julie, Andrew et Camille sont, malgré des âges et des situations très différents, confrontés à des choses pour lesquelles on ne nous prépare pas. L’espoir de l’amour, le sentiment que sa vie est finie ou la découverte de la réalité de la vie sont de formidables écrins pour des comédies émouvantes.

Dans chacune de ces histoires, vous créez de nouveaux personnages, de nouveaux narrateurs très différents. Comment faites-vous pour rentrer complètement dans la peau de votre personnage principal ? Par exemple pour votre dernier roman, Et soudain tout change, on pourrait vraiment s’imaginer que c’est une adolescente qui l’a écrit.

Pardon de rappeler une évidence, mais c’est le métier d’un auteur de se glisser dans la peau de personnages qu’il n’est pas. Bien sûr, je parle des auteurs qui ont une âme de conteur. Tous mes camarades qui écrivent d’excellents romans sur des tueurs psychopathes n’en sont pas (sauf un !). Il faut aimer son personnage et adopter son point de vue. C’est un peu un travail d’acteur qui ne joue pas. C’est passionnant.

D’ailleurs, rassurez-nous, sur chacune de vos couvertures de livres, un chat apparaît. Pouvez-vous nous certifier qu’aucun animal n’a souffert durant l’écriture de vos 3 comédies ?

Pour Complètement cramé !, je voulais rajouter le gaz allumé sous la casserole, mais ma femme et mes éditeurs m’ont dit que nous aurions des problèmes…

Gilles Legardinier, vous êtes aussi auteur de thrillers et de polars. Reviendrez-vous à la littérature noire prochainement ?

Le prochain thriller est presque écrit et sortira au printemps 2015. J’ai aussi un projet de science-fiction, un livre document sur l’adoption, et d’autres choses…

Gilles, derrière chaque auteur, se cache un lecteur. Quels sont les livres incontournables pour vous, ceux qui vous ont le plus marqué ?

Le premier choc fut pour moi Le Comte de Monte Cristo, que ma grand-mère m’avait mis dans les mains. J’avais 12 ans. La prescription affective est la meilleure qui soit. En grandissant, j’ai eu de moins en moins envie de lire. Les lecteurs ouvrent des livres pour s’évader, mais j’ai déjà assez d’histoires dans ma tête pour y arriver. Aujourd’hui, je préfère nettement cuisiner que manger… 

Et parmi les auteurs actuels, lesquels nous conseilleriez-vous de découvrir ?

J’ai de l’affection pour beaucoup de mes confrères mais je ne suis pas qualifié pour vous répondre. Je ne suis personne pour juger. Demandez ce qu’ils aiment à vos proches, à vos anciens. Eux vous connaissent. C’est la meilleure voix pour découvrir.

Merci Gilles d’avoir accepté de répondre à nos questions, nous vous laissons le mot de la fin.

Merci à vous ! Bonnes lectures !