rien ne se perd

Une petite ville semblable à tant d'autres... Et puis un jour, la bavure... Un contrôle d'identité qui dégénère... Il s'appelait Saïd. Il avait quinze ans. Et il est mort... Moi, Mattia, onze ans, je ne l'ai pas connu, mais après, j'ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu'à la dislocation... Plus tard, alors que d'étranges individus qui ressemblent à des flics rôdent autour de moi, j'ai reconnu son visage tagué sur les murs du quartier. Des tags à la peinture rouge, accompagnés de mots réclamant justice ! C'est à ce moment-là que pour faire exploser le silence, les gens du quartier vont s'en mêler, les mères, les sœurs, les amis... Alors moi, Mattia, onze ans, je ramasse les pièces du puzzle, j'essaie de comprendre et je vois que même mort, le passé n'est jamais vraiment enterré ! Et personne n'a dit que c'était juste...

Tout part de la mort d’un jeune de 15 ans à la suite d’un contrôle de police qui tourne mal.

Quelques temps plus tard, Mattia vit avec Zé, son tuteur. Du jour au lendemain, on l’observe quand il est à l’école, il est suivi et leur appartement est cambriolé. Comme il a oublié d’avoir les yeux et les oreilles dans sa poche, il se doute que tout ceci a un lien avec la mort de Said. Ce fait divers a eu des conséquences sur sa vie : son père a été interné et s’est suicidé, sa mère l’a confié à un jeune homme que son père a connu en HP, sa sœur est un courant d’air.

Même si du temps a passé, personne n’a oublié, d’où le titre du roman « rien ne se perd ».

Je me suis demandée au début du roman où l’auteur voulait nous emmener mais elle construit lentement le fil de son intrigue jusqu’au dénouement.

Mattia est un garçon très mature pour son âge (11 ans). On pourrait presque oublier qu’il n’est encore qu’un enfant lorsqu’on lit ce qu’il pense. Les personnages sont bien travaillés et on pourrait tous très bien les croiser au détour de nos propres rues.

Cloé Mehdi signe un roman réaliste et sombre et démontre son talent à raconter des histoires de notre temps.