CVT_Et-vous-avez-eu-beau-temps--La-perfidie-ordinaire_3251

Est-on sûr de la bienveillance apparente qui entoure la traditionnelle question de fin d'été : "Et...vous avez eu beau temps ?" Surtout quand notre teint pâlichon trahit sans nul doute quinze jours de pluie à Gérardmer...
Aux maloturs qui nous prennent de court avec leur "On peut peut-être se tutoyer ?", qu'est-il permis de répondre vraiment ?
A la ville comme au village, Philippe Delerm écoute et regarde la comédie humaine, pour glaner toutes ces petites phrases faussement ordinaires, et révéler ce qu'elles cachent de perfidie ou d'hypocrisie. Mais en y glissant également quelques-unes plus douces, Delerm laisse éclater son talent et sa drôlerie dans ce livre qui compte certainement parmi ses meilleurs.

Avec ce nouveau livre, Philippe Delerm poursuit ce qu'il a débuté avec "je vais encore passer pour un vieux con". Il s'est attaché aux petites phrases du quotidien que l'on prononce sans y penser, des fois par réflexe.

Certaines, d'apparence anodine, cachent en réalité un désamour et une perfidie vis-à-vis de l'autre insoupçonné. Mais celui qui les reçoit peut les interpréter aussi de façon négative alors qu'elles ne sont pas prononcées dans ce sens.

Une phrase m'a beaucoup émue car je la trouve tellement vraie :

"Il n'y a pas de tendresse sans inquiétude. Aimer, c'est avoir quelqu'un à perdre, et c'est donc avoir peur."

Si le style de Philippe Delerm demeure inchangé, je n'ai pas été séduite comme je l'avais été par le précédent bien que le livre se lise aisément.

Ce sera peut être pour la prochaine fois.